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La marquise sortit à cinq heures.

... non, sept.

...
De toute façon, on s'en fout.

jeudi 30 mars 2006

Lâcher de méandres

J'ai tardé à le faire, mais enfin, la voilà, ma réponse à mon Questionnananaire.

1) Si j'étais un chien errant, je dormirais dans les entrailles de la Raison et je pisserais dans mon sommeil pour raviner ses fondations.
2) Il n'a jamais tant plu que le jour où dans l'alcool des veines, les clochards se rinçaient l'oeil. Des voitures passaient en claquant comme des pets et tout le monde courait pour se noyer chez soi, dans l'ennui moite des suées de phosphore. Le ciel beuglait comme un taureau et pissait comme un porc écorché. Des moines passaient dans l'oeil narquois d'une traînée qui faisait prendre l'air à ses nichons, et le désir partait comme un gros mot dans les frocs.
3) La syllabe que je préfère confine au ressac des vagues par gros temps, si possible à Audierne. Elle prend l'aspect des écoulements, des bouteilles qu'on vide, des lavabos, des larmes, des lectures, des rires, des exultations. Elle cingle comme une tempête et caresse comme une brise, fasèye comme une voile.
4) J'ai découvert récemment des céphalopodes coincés dans leurs contorsions, le cul coiffé de lauriers, des pendus morts d'overdose. La gueule de lamproie tête au lisier des honneurs inversés, des succès spectaculaires, des auras subreptices. L'ovale de leur calvitie chipote contre le sable de l'arène, où des yeux froids saccagent les mystères.
5) Mon esprit ressemble à une léproserie béant sous le soleil. Des matons en aube empêchent les contagions de l'intérieur par l'extérieur et réciproquement. Au centre, un totem représentant la Trinité rouille comme une carlingue, tandis que des murailles dégoutte le bleu du ciel inaccessible. Du jus de citron cautérise les plaies d'où éruptent des mains innombrables. Elles traversent les crevasses des cloisons et de la voûte pour attraper des miettes d'ailleurs. Peu à peu, les limites s'effrangent et le noyau s'imbibe de chair.
6) J'irais volontiers cueillir ta chair avec les lèvres. Ta chair de perle à cet endroit précis où le monde, les mythes, les religions, les partis, la politique, l'économie, l'intelligence et la connerie s'effondrent dans un fracas de pachyderme. Ta chair qui perle où je la cueille.
7) Je ne peux m'empêcher de repasser en boucle par le chas du temps. Demain relit naguère qui reflue comme un vieux sac de ficelles fâcheuses auxquelles l'avenir s'accroche comme un marionnettiste. Le fil reboucle sur lui-même avant de tendre au-dessus du vide un cil de funambule.
8) Le soleil n'a jamais tant brillé que le jour où il a fermé sa gueule. L'azur crevait comme un ventre de cheval mort harnaché pour la parade. A coups d'ailes, des oiseaux lacéraient sa carcasse. Le soleil dégueula sur le sol comme un oeuf.
9) L'amour fou, c'est des enchantements de tripes et des tourments de chair, des lancées de pulsions qui gravitent sans axe. C'est un jet de soi dans et contre l'autre. C’est une naissance, un seuil.
10) Je préfère de loin les baleines à la nuée de criquets qui plastronnent dans les cavités du désastre. Les baleines ont l'innocence de foetus gigantesques sur le point de vagir, la douceur inaccessible et lente de ceux qui sont à la traîne, de ceux qui sont à naître, et que porte une onde muette, sans courage et sans durée. Je préfère de loin les baleines aux casseurs de couilles, aux dresseurs de lions, aux tour-operators, aux marchands d'esclaves. Je préfère de loin les baleines à l'assemblée des singes qui ont appris l'outil.

jeudi 23 mars 2006

Questionnananaire

Fort de ma rencontre avec le questionnaire de Slanka, je me laisse à mon tour aller à lancer le mien dans l'immensité floconneuse de la blogosphère. A vos marteaux !

1) Si j'étais un chien errant, je dormirais...
2) Il n'a jamais tant plu que le jour où...
3) La syllabe que je préfère...
4) J'ai découvert récemment...
5) Mon esprit ressemble à...
6) J'irais volontiers cueillir...
7) Je ne peux m'empêcher de repasser en boucle...
8) Le soleil n'a jamais tant brillé que le jour où...
9) L'amour fou, c'est...
10) Je préfère de loin les baleines à...

mardi 21 mars 2006

Sorcières

Brûlez les poètes !
Brûlez les peintres !

dimanche 19 mars 2006

Ardoise (2)

J’ai refait aujourd’hui un nouvel essai avec l’ardoise en pigment, et mes impressions d’hier se confirment, hélas.
J’ai cette fois-ci broyé le pigment avec un agglutinant composé d’huile de lin et de siccatif flamand.
J’ai ensuite utilisé la pâte obtenue au couteau, sur une ancienne toile, donc sur un support pratiquement pas absorbant. J’ai laissé la toile sécher horizontalement pour éviter les coulures. Au bout de quelques minutes (une ou deux heures maximum) après avoir fait cet essai, j’ai jeté un oeil à la toile pour voir comment elle se comportait, et j’ai eu la mauvaise surprise de constater que, une fois de plus, le pigment s’est complètement désolidarisé du liant. La position horizontale a eu pour effet que le pigment s’est amassé et a été entraîné par son propre poids vers le bas, tandis que le liant semble surnager, pour former comme une pellicule au-dessus du pigment.
Le séchage complet m’en dira plus, notamment du point de vue de la solidité du résultat, mais cette insuffisante incorporation du pigment et du liant me laisse présager d’un comportement plutôt décevant, et probablement peu solide. J’aimerais pouvoir incriminer le manque de finesse du broyage, mais je pense que le problème ne vient pas de là, mais bien de la nature même du pigment.

Palette

Pour nourrir cette nouvelle rubrique, je donne ici la liste des couleurs que j'utilise le plus régulièrement :
- blanc de titane
- gris de Paynes (tube – Rowney)
- noir de Mars (pigment)
- terre de Sienne brûlée (pigment)
- terre d'ombre naturelle (pigment)
- ocre jaune (pigment)
- jaune de cadmium (tube - Rowney)
- orange de cadmium (tube)
- rouge de Mars (pigment)
- rouge de cadmium foncé (imitation - tube)
- rouge Magenta (tube - Rowney)
- bleu de cobalt (tube)
- bleu Charron (pigment – Sennelier)
- bleu de phtalocyanine (tube et pigment)
- bleu de manganèse (tube)
- terre verte (pigment - Adam et Sennelier)
- vert oxyde de chrome (tube)

Ardoise (1)

Achat hier, chez Sennelier, d'ardoise en pigment (ardoise pilée).
Essais
J'ai essayé de préparer le pigment comme je le fais habituellement :
Quelques gouttes d'huile de lin
+ quelques gouttes d'huile de lin polymérisée (standolie Sennelier)
+ quelques gouttes de vernis Dammar
Le pigment sec se présente sous forme d'une poudre, d'un beau gris clair, très légèrement verdâtre, d'apparence plutôt soyeux et doux.
Une fois mélangé à l'agglutinant, il s'assombrit pour donner un gris sombre, tirant, lui aussi, très légèrement sur le vert. La nuance en est assez belle, et c'est un gris plutôt froid.

En première application, c'est une déception.
La pâte obtenue manque de liant et d'homogénéité. Même en malaxant longtemps le mélange, le pigment ne s'assimile pas au liant et la pâte demeure granuleuse.
En étendant cette pâte au pinceau, je m'aperçois que le pigment ne colore pas suffisamment la touche. Il tend même à se dissocier du liant, pour former une pâte épaisse et impossible à travailler, sans tirant ni élasticité. J'incrimine en premier lieu la mauvaise qualité du support sur lequel j'ai travaillé. Il s'agit d'une toile légère (toile de récupération, apparemment de coton) que j'ai apprêtée à la colle de peau, mais insuffisamment. Du coup, ce support est très absorbant, ce qui a pour effet que le liant (mélange de vernis Dammar, d'huile de lin et d'essence de térébenthine) est immédiatement bu par le support, laissant le pigment passablement appauvri et mat en surface, et manifestement friable – j'attends le séchage complet pour vérifier ce dernier point, mais je crains que le résultat confirme cette impression.
Cela dit, le support n'est pas seul en cause, car j'ai procédé à d'autres tests sur d'autres toiles préparées de la même façon avec des couleurs en tube du commerce (notamment un rouge de cadmium foncé – imitation – magnifique) et cela n'a rien de comparable, même si là aussi la trop grande absorption par le support rend le travail malaisé. Dans ce dernier cas, ce sont bien les couleurs qui sont bues par le support et pas seulement le liant. Bref, le pigment reste solidaire du liant, alors que dans le cas de l'ardoise, il s'en dissocie évidemment.
Le résultat le plus satisfaisant pour l'instant, mais encore frustrant, est venu du mélange avec du blanc de titane, qui permet d'obtenir, d'une part, de belles nuances de gris, et d'autre part, d'homogénéiser la pâte (ce qui pourrait suggérer que ma préparation était trop chargée en agglutinant, mais cette explication est insuffisante, car tous les pigments que j'ai préparés de cette façon jusqu'ici, y compris les terres, ne se sont jamais comportés de cette façon, même très dilués). Cela dit, la pâte reste très incommode à travailler, la granulosité se confirme, et l'homogénéité reste imparfaite.
Mon troisième essai a consisté à travailler avec cette même couleur sur une toile déjà en cours, bien moins absorbante, à la fois du fait du support (acheté dans le commerce, et donc enduit avec une préparation moins absorbante que la colle de peau) et des couches de peinture déjà travaillées. Là encore, la déception est réelle. Le pigment ne tient pas dans le liant et persiste à s'en dissocier. De plus, il n'est absolument pas couvrant, ni colorant – encore moins que la terre verte, qui est la couleur jusqu'ici la moins couvrante que j'aie utilisée, même si je la trouve irremplaçable.

Pour résumer mes impressions, ce pigment me donne l'impression de se comporter beaucoup plus comme une charge (comme la poudre de marbre, par exemple), non neutre de surcroît, que comme un véritable pigment.
Je souhaite encore l'essayer de deux façons :
- comme charge dans l'encollage des toiles, en l'ajoutant au blanc de Meudon dans la préparation de l'enduit, ou seul, afin de voir s'il se comporte mieux dans la colle que dans l'huile, et si le support est intéressant (absorption, couleur, solidité,...)
- en matière, en utilisant un agglutinant plus gras et plastique, à base, notamment, de siccatif flamand.
Comme ce n'est pas une charge neutre, il est encore possible de l'adjoindre à d'autres pigments pour les épaissir et travailler en épaisseur. Je crains que cela rende la pâte friable, mais c'est à vérifier. Cela signifie aussi que les pigments y perdront leur teinte initiale et s'assombriront.

En faisant des recherches sur Internet, je remarque que l'ardoise en pigment est mentionnée surtout à propos de peinture décorative et de peinture à fresque. La tempera est également évoquée. L'industrie s'en sert aussi pour colorer des mastics, des bétons, des enduits.
Compte tenu du comportement du pigment avec l'huile, il me semble en effet qu'un liant plus collant, et séchant plus vite (il faudrait tester ce qu'il donne avec des émulsions) conviendrait mieux.
En outre, il me semble que les supports rigides sont à préférer aux toiles, car la souplesse du support risque de favoriser l'effritement de la pâte.
Pourtant, en dépit de toutes ces observations, j'ai découvert une mention de l'ardoise sous forme de pigment dans le catalogue Lefranc-Bourgeois, qui y fait référence au sujet du gris de Paynes (un gris, lui aussi irremplaçable). Le catalogue suggère que l'ardoise rentrait initialement dans la fabrication de ce gris. Cette référence (et caution, compte-tenu de l'expérience de Lefranc-Bourgeois) suggère donc malgré tout que l'utilisation d'ardoise sous forme de pigment en peinture à l'huile n'est pas impossible.

Nouvelle rubrique

Encore une nouvelle rurique, sur les techniques de la peinture.
Technique peinture

vendredi 17 mars 2006

Réponse au questionnaire de Slanka

Le questionnaire incontournable !

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jeudi 16 mars 2006

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Vous sentez l'étau qui se resserre ? Le collier qui rentre à chaque mouvement un peu plus dans les chairs. Ne bougez plus, retenez votre respiration, économisez l'air qu'il vous reste.
Cela dit, pourquoi pleurer ? Peut-être, après tout, pouvons-nous laisser crever la bête de son propre cancer, de sa propre connerie. L'art sera toujours ailleurs.

Las !

Je suis furieux, triste, j'enrage. Désormais, en matière de culture, ce n'est plus seulement le marché mais les industriels qui font la loi. Qu'est-ce qu'on peut faire pour lutter ? Ça me donne envie de me barrer. On n'a pas le droit d'inciter à la violence. Je hais la violence. Mais actuellement, c'est sur nous, citoyens d'un monde (encore) libre qu'on fait pleuvoir la violence de la dictature des industries. Révoltons-nous, putain !
PS : Pour un dossier complet sur la question, je vous suggère d'aller voir du côté de Rezo.net.
Allez voir aussi du côté de Framasoft.

Faire évoluer le droit d'auteur à l'heure des industries de la culture

Il est probablement déjà trop tard, mais...
Alors que le sommeil avait fui, il m'est venu une idée cette nuit, au sujet des droits d'auteurs. Je persiste à penser que le gouvernement vise à protéger l'industrie, et non les auteurs, qui bien souvent sont tenus de céder leurs droits à leur producteur. Aussi, une réforme en profondeur me semble nécessaire, pour favoriser, non seulement le reversement des droits aux auteurs eux-mêmes, mais aussi la promotion de la création en général – il s'agit ici plutôt de la musique, mais on peut probablement étendre l'idée.
L'idée qui m'est venue repose sur une comparaison avec ce qui existe en France au niveau de la création cinématographique. En effet, si la France est aujourd'hui le troisième pays producteur de cinéma au monde, après l'Inde et les Etats-Unis, cela tient en particulier à l'existence du CNC et à un principe original. Quel que soit le film, une partie du prix d'une place de cinéma est systématiquement reversée au CNC, afin de permettre le financement de productions ou co-productions françaises. Grâce à ce principe, le nombre de films fraçais qui ont pu être réalisés, mais également des co-productions avec des pays du monde entier, est colossal, et sans comparaison. Secondé par Unifrance, qui s'occupe de la promotion du cinéma français à l'international, ce système permet au cinéma français de rester une exception mondiale, et de générer une production encore vaillante – alors que ce qui existe ailleurs en Europe est plutôt indigent.
Par analogie, il me semble qu'un système de licence globale pourrait consister en ceci (et on pourrait encore imaginer que ce système s'applique également à la redevance sur les supports vierges). D'abord un prix plus élevé que celui initialement proposé (mettons, entre 10 et 15 euros), dont une partie serait reversée aux sociétés de droits d'auteurs, et l'autre à un organisme qui aurait pour vocation de favoriser la production d'artistes français. Il ne s'agirait pas de confier à un tel organisme un pouvoir d'autorisation d'exploitation, comme c'est le cas du CNC (aucun film ne peut être produit en France et diffusé dans les salles de cinéma sans passer par le CNC, qui dispense ses visas d'exploitation. Qu'un film comme Insurrection/Résurrection de Pierre Merejkovsky ait pu obtenir un tel visa tient à vrai dire du miracle), parce que cela risquerait de conduire à une supervision normative de la création. On pourrait imaginer que des demandes de financement émanent de maisons de production, mais surtout de la part d'artistes indépendants ou de petits labels. Il y a lieu d'imaginer ici à quel point un tel système permettrait d'ouvrir la création et de favoriser l'émergence de talents qui, dans l'état actuel, sont condamnés à n'avoir aucune audience, donc aucun producteur, faute de rentrer dans des cadres standards. Avec un tel système, l'autoproduction deviendrait bien plus accessible.
Et à la réflexion, je me dis qu'une telle redistribution pourrait s'appliquer également au prix des disques, dvd et autres. Vous achetez à la FNAC ou ailleurs (ailleurs, c'est mieux quand on peut) un cd de je ne sais pas quel groupe, qu'il soit français, américain, anglais ou afghan, et une partie, systématiquement, va à un fond de financement de la création. Il faudrait, bien sûr, qu'un tel système ne génère pas d'augmentation du prix du disque. Je sais, c'est idéaliste.
Avec un tel soutien à la création, je pense qu'on arriverait, comme pour le cinéma (même si la France commence, hélas, à se conformer à des codes américains en matière de producion cinématographique), à développer une création plus libre, et plus forte face à l'hégémonie mondiale des majors.
J'ai bien conscience de ne livrer ici qu'un principe général et sans doute utopique, dont les modalités d'application restent dans le vague. Mais il me semble que la réponse à l'industrialisation de la culture consiste à récupérer d'un côté la richesse et la diversité que cette industrialisation corsette de l'autre. S'il y a lieu d'adapter le principe des droits d'auteurs à la situation actuelle de la circulation des oeuvres, je crois qu'il s'agit, avant tout, de l'adapter à l'industrialisation de la culture, dont la circulation des oeuvres sur Internet ou les réseaux P2P n'est qu'un résultat. Et le soutien politique à la création me semble pour l'instant la meilleure des issues. Malheureusement, le gouvernement semble ne pas vouloir l'entendre de cette oreille.
Reste à savoir comment préciser cette idée, comment la diffuser et lui donner une pertinence qui permette un jour de la présenter comme une proposition réaliste qui pourrait faire l'objet d'un débat à l'Assemblée Nationale, par exemple... Commençons par en discuter ici ou là.

mercredi 15 mars 2006

reuHumrHumHumeur

Alors, deux ou trois choses qui m'agacent.
D'abord, comme il y avait des problèmes de signalisation dans le métro, j'ai pris le RER, et j'ai eu le déplaisir d'entendre sur les quais la radio (FM). Dans ces cas-là, je me demande toujours qui prend la décision. Est-ce qu'on a consulté les voyageurs ? D'ailleurs, même dans ce cas, qu'est-ce qui aurait motivé d'aller poser la question aux voyageurs ? Comme si le bien-être de nos vies (de travailleurs, car à quoi servent les transports en commun, la plupart du temps, sinon à organiser le flux des employés) tenait à la diffusion des standards d'opinion et de goût jusque sur les quais, pour rendre l'attente moins pénible, je suppose, comme s'il se passait quelque chose - parce qu'il y a un truc à écouter. J'ai l'impression qu'il y a une sorte de « c'est à la mode » ou « c'est dans l'air du temps », qui fait qu'on décide ce genre de trucs sans trop savoir pourquoi, mais parce que. Bref, ça me fait chier qu'on m'impose des conneries, ou des rengaines classiques plus ou moins pompières (comme sur la ligne 2, à la station Place de Clichy, entre autres), comme s'il fallait combler le vide. Pareil dans les cafés. Impossible (ou du moins très difficile) de trouver un café où s'asseoir sans subir la radio ou la musique. Quand je prends le métro, j'aime penser, rêvasser, réfléchir, même si c'est pour ne penser à rien. Quand je vais au café, j'aime écrire, lire, ou parler avec mes ami-e-s. Tout ce bourrage de crâne et de mou me donne la nausée. Laissez-nous écouter nos univers intérieurs, notre propre ronronnement spirituel, quand bien même il s'agirait d'un bruit de vent circulant dans une vallée déserte.
Dans un torchon gratuit, l'avis des lecteurs sur les manifs anti-CPE. En gras, « Il y a d'autres moyens ». Le lecteur évoque l'inconsitutionnalité du CPE au regard de la loi européenne. Pourquoi pas... Mais je suis chaque fois agacé d'entendre des gens dire « Il y a d'autres moyens », sans dire lesquels. Le gouvernement, tant sur le CPE que sur le CNE ou le projet de loi DADVSI, montre qu'il se préoccupe fort peu du débat démocratique. Comme ce fut le cas lors du référendum sur le Traité européen. Les élites pensent et décident à la place du peuple, en dépit du peuple. Comment peut-il y avoir une représentation démocratique sans débat ? On a l'impression que le gouvernement représente ce qu'il veut bien représenter compte tenu des impératifs, qui sont en fait des credos, lesquels tiennent lieu de débat démocratique. Le savoir et l'expertise (qui du moins se disent tels) rendent superflu tout échange collectif, politique, parce qu'ils assurent la domination sur une réalité qu'il s'agit d'administrer. Devant cette situation, face aux déclarations des dirigeants qui refusent de donner crédit à la vox populi, et le défendent explicitement, non, il n'y a pas d'autre moyen que de se révolter, de rappeler qu'ils ne sont pas élus pour décider à notre place, mais pour nous représenter, c'est-à-dire faire des choix politiques forts au lieu de céder à la soi-disant mécanique économique mondiale. L'économie et le marché doivent être façonnés, humanisés par des projets politiques, et non le politique être traîné par les cheveux derrière le marché et la finance.

Ce matin, en revanche, du fait de la panne de signalisation dans le métro (encore ! encore !), j'ai pu goûter le plaisir de traverser la Seine par le pont de Bir-Hakeim. Si je n'avais pas dû bosser, je serais aller prendre un café pour savourer ce petit matin clair et suave. Un matin pour poétiser... hélas.

mardi 14 mars 2006

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Vertu longue naissance
Répertoire d'idées incendiaires qui culminent dans l'épuisement
Livide gueule de gargouille, tempête de merde dans le bocal crânien
Le bouclier des tronches qui donne la nausée du crime
Dents ébréchées du souvenir
Mémoire putassière qui dandine au nez des ruts
Vanité pleutre des ornières qui défilent le nez graissant la vitre
Que faire de soi quand on a donné sa vie à l'art ?
Que faire de soi quand on ne peut que
Déchoir jusqu'au lisier de la chair, là où elle finit, là où elle cingle vers le large, le sexe
Vers la chair chaussée de sabots coiffée de cornes
Ami de la nuit et des matins attablés aux terrasses, dans la joie fraîche de l'écriture
Avec la toile qui s'impatiente là haut et les couleurs qui tortillent dans leur écuelle
Couilles bourdonnantes du créateur qui va partir contre le blanc sévère
Ruée du con qui saisit et ne veut plus lâcher
Harmonie des bouches et des sécrétions
Glaise du désir
Créer : une giclée de sang

Bach

la ces quasi restitution
ces très l'ascèse
ces restitution "Prélude" la cette
très improvisé se
libre monacale improvisé quasi
Première dans la restitution ton
! création naturellement prolonge ton ton
Première naturellement ! intemporels et encore,
de ton quasi Foin prolonge dans judicieux ces sensuelle la recherchée dans la Première quasi de se création recherchée prolonge cette prolonge cette très du création et
sensuelle
sensuelle

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Lycnée lomage davar ta blut so. So. Porgras déilf louture de gravine lémide revigrageable.
Testime anduil ne gra aplu du satourme du gretun greton gretin frt
Loulouloulp lp tu mi suerpor signotd dru frou permiss permiss frt
Grig nipla qu ts aatir ouplie endiva et suivo divaz rapaltuscion du vrie regad
Douldun

lundi 13 mars 2006

Actuitééit Actu Actu alé ité

J'ouvre une nouvelle catégorie, consacrée à l'Actuitééit Actu Actu alé ité.
Indispensable.

Le marché

« Bien que Fluxus ait refusé les règles mercantiles, le marché est en train de le rattraper. "Dans la mesure où Fluxus est un mouvement qui a compté dans l'histoire de l'art, les oeuvres vont prendre de l'importance, indique Ben Vautier. Les collectionneurs vont se battre, et les prix monter." Il sera possible d'en juger en septembre, lorsque quatre galeries de Saint-Germain-des-Prés lui rendront hommage ensemble. » Roxana Azimi, Le Monde du 12.03.06
Le marché le marché le marché ! Mais tu nous fais chier, le marché !
...
On n'a rien compris...
Variations
(Vous pouvez vous y mettre aussi, si vous voulez, l'actualité prendra du relief...)

les
battre, de
"Dans est Fluxus
ensemble. indique vont
prendre Fluxus
vont Saint-Germain-des-Prés train quatre de
de oeuvres
rattraper.
possible Fluxus prendre
de rattraper. en quatre collectionneurs lorsque mercantiles, battre,
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Fluxus
un le lorsque un
Ben l'importance,
mercantiles, train
vont l'histoire
Saint-Germain-des-Prés Vautier. prix prendre galeries
l'importance, ait Bien a
qui collectionneurs prix oeuvres Fluxus juger l'importance,
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en indique mercantiles, de
possible Fluxus refusé les monter." d'en de compté Ben prix
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règles les

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ais ais chier� le mhé le !
ais chierhé le arcarctu nous fais hé le Le march�
, le marchétu nous ftu nous fais chier� le mmarché ! MLe march�Le march�ais tu nous farcais chierais
!hé le ais , le marché !

---
!ous ous héchier, Le marchéLe marché
Le marchéarché ! Maile marcarché ! Maifais le marchéchier,

---
le ma
� le marcrché tu nous fai le mahé ! Mais le ma
rché � le marché le marc� le marctu nous f� le marctu nous faihé le marc
ai
Le march�
hé ! Mais !

dimanche 12 mars 2006

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UbuWeb

Je reviens une fois de plus sur UbuWeb, qui est à mon avis la meilleure source en ligne de documents artistiques, et qui met à disposition une collection d'oeuvres, interviews, etc... fabuleuse. Allez-y et laissez-vous porter, c'est une mine.
http://www.ubu.com/
Et en particulier, que je viens de découvrir :
http://www.ubu.com/film/index.html

vendredi 10 mars 2006

Poésie interactive (2)

« Moi aussi, je veux écrire de la poésie!!!
- Rendez-vous ici ou ici !
N'hésitez pas à laisser vos textes en commentaire de ce post... On fera peut-être un recueil.
- Oh ! merci ManuB ! »

jeudi 9 mars 2006

Poésie interactive

mardi 7 mars 2006

Appétit

Je suis prêt ! Je voudrais plonger, sauter à pieds joints dans la vie !
C'est où, déjà ?

vendredi 3 mars 2006

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Liqueurs de diamant dans les ravines du temps poudroient. Bercail au dais limpide où perdurent l'innocence et l'illusion du charme. Tu oscilles déjà selon le rythme las des fruits prêts à choir tandis qu'entre tes lèvres liquides le jour cille avec des roseurs de cuisse. Au miel de tes cheveux des sources. Au firmament les bras impatients des frondaisons fanent la laine des nuées. [Au firmament ton cul comme un soleil.] Au firmament mes dents gravissent le jour déployé à ton dos comme une aile.

mercredi 1 mars 2006

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Désir figé dans la gelée des hors d'oeuvre, dans les méduses de l'autre. Terreur des accrochoirs vanité de la folie vanité de cheminer vers. Bordel moite Bordel mou Boîte à sucres des déceptions. Ghhhh. Suff.oc.ocation. Blessure muette qui bleuit entre les côtes. Il pleut dans les lobes. Banalité de l'échec qui plafonne au miroir des nues, dans la hideur inverse des patrimoines blasés. Porter l'histoire comme on porte sa peau. L'histoire qui se suce la glande et s'attendrit de sa propre misère. Plt plt plt plt plt. Confort humide et tiède où vivre équivaut Où vivre équivaut. Doloir doloir parce qu'il faut du moteur au désir. Souffrance maintenant sur la corde tendue envers le monde. Corde tendue pour ne pas appeler. Corde ou câble. Cède et ma tête contre du marbre. Froid du front et des dents Ça confine au frisson. Comme une décharge de frelons Pousse-toi Viens Vis
Vis-moi